Mes traitements

Quels sont les différents traitements de la SEP ?

Il n’existe pas encore de médicament qui permette de « guérir » la sclérose en plaques.
Mais les molécules actuellement disponibles permettent d’agir efficacement sur son évolution et ses conséquences.

Il existe trois types de traitement :

  • Le traitement de la poussée, très anti-inflammatoire pour diminuer son importance.
    Il est donné de façon ponctuelle.
  • Le traitement de fond, pour agir sur les mécanismes responsables des phénomènes inflammatoires et immunitaires.
    Son but est de ralentir l’évolution de la maladie et de diminuer son impact. Il est prescrit en continu.
  • Le traitement symptomatique spécifique de certains symptômes associés à votre maladie (la fatigue, la déprime, les douleurs, les troubles urinaires…).
Mise en ligne le 29.05.2013

Quel est l’objectif des traitements immunomodulateurs ?

La réponse en vidéo du Dr Élisabeth Maillart, neurologue
(Hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris)

L’objectif principal du traitement immnunomodulateur dans la SEP rémittente est de diminuer le risque de faire une nouvelle poussée potentiellement gênante ou handicapante.

Le deuxième objectif est de diminuer l’activité radiologique (risque de nouvelle lésion sur l’IRM).

Mise en ligne le 11.02.2016

Qu’est-ce que le traitement de fond de la SEP ?

C’est un traitement pris de façon régulière et continue, qui agit sur les mécanismes immunitaires qui en sont responsables.

Il existe deux grandes classes de traitements :

  • Les immunomodulateurs
    Il existe plusieurs sous-classes d’immunomodulateurs qui sont données de manière générale en 1ère intention au début de la maladie.
    Ils « modulent » la réaction anormale de votre système immunitaire contre la myéline. Leur but : diminuer le nombre de nouvelles poussées et les espacer, ainsi que le nombre de nouvelles lésions à l’IRM.
    Pour les formes déjà commercialisées, on dispose d’un recul très important sur leur utilisation, leur efficacité et leur tolérance. Ces médicaments sont administrés par voie injectable en sous-cutanée ou en intramusculaire (il existe des dispositifs d’auto-injection qui vous permettent de réaliser vos injections) ou par voie orale.
  • Les immunosuppresseurs
    Ils sont réservés aux formes très actives/sévères de la maladie ou en cas d’échec thérapeutique.
    Leur but : « supprimer » l’action du système immunitaire.
    Le fait de « supprimer » l’action du système immunitaire n’étant pas anodin, ces médicaments demandent une surveillance particulière.
    Ces médicaments sont administrés par voie injectable ou par voie orale.

 

Mise en ligne le 29.05.2013

Pourquoi est-il important de bien suivre mon traitement ?

La réponse en vidéo du Dr Caroline PAPEIX, neurologue (Hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris)

Les traitements de la SEP ne peuvent être efficaces sur les signes de votre maladie que s’ils sont pris selon les modalités indiquées dans les notices de vos médicaments.
On ne peut pas présager de leur efficacité si ces modalités ne sont pas respectées.
Il est donc important de bien prendre votre traitement : ni diminuer les doses, ni espacer les prises.

Mise en ligne le 29.05.2013

Comment le pharmacien peut-il m'aider à bien suivre mon traitement ?

La réponse en vidéo de Yves Michiels, docteur en pharmacie et maître de conférence à la faculté de pharmacie de Dijon.

En plus de vous délivrer le traitement prescrit par votre neurologue, le pharmacien est présent au quotidien pour vous conseiller et vous proposer des solutions pour faciliter le suivi de votre traitement.

Combien de temps après le début de mon traitement dois-je faire une IRM de contrôle ?

La réponse en vidéo du Dr Bertrand Bourre, neurologue au CHU de Rouen.

L’IRM est un outil indispensable au diagnostic, mais également pour le suivi de l’efficacité du traitement.

Le délai de sa réalisation après l’instauration du traitement est à la discrétion du neurologue.

Mise en ligne le 31.03.2016

Comment les poussées sont-elles traitées ?

Votre médecin s’assurera d’abord qu’il s’agit bien d’une poussée, et pas d‘une fluctuation de vos symptômes, due par exemple à une infection.

Toutes les poussées ne nécessitent pas forcement de traitement car elles peuvent régresser spontanément.

Si la poussée nécessite un traitement, ce dernier consiste en une perfusion de corticoïdes par jour, pendant 3 à 5 jours. Les corticoïdes ont une puissante action anti-inflammatoire qui permet de diminuer l’intensité et la durée de la poussée.

Ce traitement se fait en général à l’hôpital, mais si vous le tolérez bien et que vous n’avez pas de facteurs de risque de complications (ulcère de l’estomac, diabète, hypertension…), les injections peuvent être faites à votre domicile par certains prestataires de service.

À SAVOIR
Durant le traitement d’une poussée, vous devez continuer votre traitement de fond, sauf avis contraire de votre médecin.

 

Mise en ligne le 07.08.2013

Faut-il attendre d’avoir fait plusieurs poussées pour démarrer un traitement de fond ?

La réponse en vidéo du Dr Élisabeth Maillart, neurologue
(Hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris)

Depuis 2010, les critères diagnostiques de la SEP rémittente (évoluant par poussées) ont changé. Ils permettent de faire un diagnostic plus précoce, dès la première poussée, si l’IRM remplit certains critères.

Un traitement de fond peut être envisagé avec le neurologue lorsque le diagnostic a été établi selon ces critères et qu’il y a une notion de « dissémination temporelle » : l’apparition d’une 2e poussée ou des modifications sur l’IRM.

Mise en ligne le 26.11.2015

Pourquoi est-il intéressant de traiter tôt ?

La réponse en vidéo du Dr Elisabeth Maillart, neurologue (Hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris)

Le contrôle de l’activité de la SEP rémittente (évoluant par poussées) est important dès le début de la maladie.

En effet :

• les personnes ayant de nombreuses poussées les toutes premières années ont une évolution moins favorable ;
• ces poussées sont responsables d’une gêne, d’un handicap ;
• et on constate, dès le début de la maladie, des anomalies sur l’IRM.

Votre neurologue vous proposera un traitement s’il le juge nécessaire.

Mise en ligne le 29.01.2016

Comment bien faire mon injection ? Les conseils de l'infirmière

La réponse en vidéo de Marie-Hélène COLPAERT, infirmière, cadre de santé (Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris)

Avant de réaliser l’injection, lavez vous les mains et désinfectez votre peau.
Si votre médicament est conservé au froid : sortez-le au moins 1/2 h avant l’injection.
Les zones d’injection possibles : fesses, cuisses, ventre, bras (changez de zone chaque jour !).
Si vous utilisez un stylo auto-injecteur placez le perpendiculairement à la peau, sans faire de pli cutané.
N’injectez pas à un endroit où la peau est rouge ou douloureuse.

Mise en ligne le 28.08.2013

3 questions à... Thibault Moreau

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3 questions à… Thibault Moreau

Neurologue, président du conseil scientifique de la fondation ARSEP

 

 

 

 

  1. Actuellement, quels sont les principaux axes de recherche dans la SEP ?

La recherche actuelle s’intéresse à la physiopathologie de la SEP, c’est-à-dire aux perturbations physiologiques à l’origine de la maladie. Ainsi, notre objectif est de mieux comprendre les mécanismes à l’origine des lésions retrouvées dans la SEP, mais également ceux qui limitent les lésions voire qui favorisent leur réparation.

Dans la SEP, le système immunitaire s’en prend à la myéline, la gaine de protection des neurones. La cible principale de la recherche sur la SEP est donc la myéline. L’idée est de favoriser sa réparation via le processus de remyélinisation. On va chercher à stimuler les mécanismes de réparation naturels de l’organisme. Dans cette optique, les cellules souches pluripotentes, qui ont la capacité de se différencier en n’importe quelle cellule du système nerveux, présentent un fort intérêt. D’autre part, il y a toute une approche qui émerge sur la prise en charge des débris de myéline qui s’accumulent autour des neurones atteints. Il a été montré que leur élimination, notamment via des “cellules poubelles”, les macrophages, favoriserait le processus de remyélinisation. Une meilleure compréhension de cette étape et de son rôle dans la remyélinisation pourrait donc mener au développement de stratégies thérapeutiques innovantes.

D’autres étapes du processus de réparation de la myéline sont également visées et des molécules ayant un rôle dans le stress oxydatif ou l’inflammation sont actuellement en cours d’évaluation.

 

  1. Quel est le niveau d’investissement de la recherche sur la SEP par rapport à celui d’autres maladies neurologiques ?

La sclérose en plaques est la maladie neurologique qui bénéficie des recherches les plus fructueuses. On commence à bien en connaître les mécanismes et on a la chance d’avoir des techniques d’imagerie nous permettant de visualiser les zones lésées. Par ailleurs, contrairement à la maladie d’Alzheimer, la SEP touche des individus relativement jeunes, qui ont donc des capacités de réparation et récupération beaucoup plus importantes que les patients âgés.

Par ailleurs, la prise en charge de la sclérose en plaques a été transformée au cours de ces 15 dernières années, avec l’arrivée de traitements efficaces. Cette recherche dynamique associée à des résultats encourageants contribue à attirer des fonds émanant de différentes structures. On observe un réel enthousiasme, qui se traduit d’ailleurs par l’arrivée de jeunes chercheurs et cliniciens spécialistes de la SEP.

 

  1. Les patients peuvent-ils être impliqués dans les travaux de recherche ?

Quand on parle de recherche, on entend à la fois la recherche fondamentale et la recherche clinique. Ce que nous essayons de faire à la fondation ARSEP depuis de nombreuses années c’est de créer du lien entre ces deux champs de recherche. On travaille beaucoup avec l’Observatoire français de la sclérose en plaques (OFSEP) à l’origine du projet EDMUS, une base de données incluant plus de 55 000 patients, soit près de la moitié des patients atteints de SEP en France. Cette base nous permet entre autres de suivre l’évolution des patients sur le plan clinique et d’observer l’effet des traitements. Elle constitue un socle pour la recherche. Les neurologues proposent systématiquement à leurs patients de faire partie de cette base. Les patients doivent signer un consentement et en contrepartie ils sont informés de toutes les études qui sont réalisées à partir des données récoltées. Il y a une réelle dynamique de recherche dans laquelle les patients sont pleinement intégrés. Lors de la mise en place d’essais thérapeutiques, par exemple lorsqu’une nouvelle molécule est proposée, c’est le neurologue qui en informera son patient et lui proposera de participer à l’étude, si celui-ci remplit les critères d’inclusion.

Mise en ligne le 02.09.2016