Mes symptômes

Comment expliquer la diversité des symptômes dans la SEP ?

La sclérose en plaques (SEP) touche la myéline, c’est-à-dire la couche protectrice des fibres nerveuses du système nerveux central (SNC), entraînant une inflammation qui provoque souvent la détérioration de cette substance sous forme de plaques. Parfois, la propagation de l’influx nerveux le long des fibres nerveuses (axones) se retrouve bloquée ou perturbée.

La grande diversité des symptômes de la SEP pourrait s’expliquer par le fait que cette inflammation peut survenir dans n’importe quelle région du SNC. Les symptômes de la maladie dépendent donc des zones du cerveau ou de la moelle épinière qui sont atteintes. Il peut s’agir de troubles moteurs dus à une faiblesse musculaire, d’un trouble de la sensibilité, d’une gêne visuelle, d’un trouble de l’équilibre ou de la coordination, de troubles urinaires ou sexuels. Ces différents signes cliniques peuvent être isolés ou associés et peuvent toucher tout ou une partie du corps. Ils surviennent en quelques heures ou en quelques jours, et disparaissent totalement ou partiellement en quelques semaines. On parle alors de poussées. Parfois, ces symptômes peuvent durer voire s’aggraver dans le temps.

À ces symptômes s’associent souvent d’autres signes tels qu’une fatigue extrême et inhabituelle, un trouble de la mémoire ou de la concentration, des douleurs ou une dépression, par exemple.

Quels sont les différents types de douleur dans la SEP ?

Pr Patrick Hautecœur
(neurologue, GHICL, Lille)

Les douleurs sont fréquentes et précoces dans la sclérose en plaques. Elles altèrent la qualité de vie et sont parfois invalidantes.

Il existe différents types de douleur qui nécessitent une prise en charge spécifique :

– liées à la poussée inflammatoire (« névralgie faciale » de type rage de dent, brûlure, engourdissement des membres inférieurs) ;

– crampes liées à la spasticité ;

– « neuropathiques » (liées à l’altération du système nerveux central) : brûlure, fourmillement, engourdissement, serrement ;

– ostéoarticulaires, secondaires aux troubles de la marche (tendinites…) ;

– « psychogènes », liées au stress généré par la maladie.

Vous souhaitez en savoir plus sur la sclérose en plaques ? Rendez-vous sur la page Mieux Comprendre, Ma SEP.

Mise en ligne le 14/01/2016

Les troubles du sommeil de la SEP

Les troubles du sommeil sont fréquents dans la sclérose en plaques (SEP). Ils seraient présents dans 40 % des cas en moyenne. Il peut s’agir de difficultés d’endormissement, mais également d’éveils fréquents ou précoces.

Ces troubles du sommeil ne résultent pas directement de la maladie, mais sont la plupart du temps la conséquence des symptômes liés à celle-ci. Ainsi, une anxiété importante, un stress, ou un épisode dépressif peuvent perturber le sommeil. Des douleurs nocturnes d’origine neurologique, des douleurs liées à une spasticité importante (augmentation du tonus musculaire responsable de contractures) ou des douleurs articulaires peuvent également être à l’origine d’un trouble du sommeil. Enfin, un trouble urinaire qui amène à se lever régulièrement dans la nuit est souvent à l’origine d’une mauvaise qualité de sommeil. Par ailleurs, le traitement des poussées par les corticoïdes peut transitoirement perturber le sommeil. Dans ce cas, ces effets sont généralement réversibles à l’arrêt du traitement.

Ces troubles du sommeil peuvent avoir une conséquence fâcheuse sur le quotidien, en provoquant une somnolence le jour et surtout une majoration de la fatigue, un symptôme souvent déjà présent dans cette maladie. La prise en charge de ces troubles du sommeil, fondamentale pour améliorer la qualité de vie, passe par le traitement des symptômes à l’origine de ceux-ci.

La prise en charge des troubles orthopédiques dans la SEP

La réponse en vidéo d’Olivier Agnani, enseignant-chercheur et formateur en institut de kinésithérapie à l’université catholique de Lille.

Les troubles orthopédiques sont fréquents dans la SEP et doivent faire l’objet d’une prise en charge spécifique de la part du kinésithérapeute.

Vous souhaitez en savoir plus sur la sclérose en plaques et la kinésithérapie ? Rendez-vous sur la page Mon suivi, mon réseau de soins

Mise en ligne le 09/09/2016

Quels sont les troubles ophtalmologiques de la SEP ?

Pr Jérôme de Sèze, neurologue
(CHRU de Strasbourg)

Les troubles ophtalmologiques sont fréquents : 70 à 80 % des personnes atteintes de SEP en auront dans l’histoire de leur maladie.

Ils sont régressifs, mais peuvent revenir au fil des années.

Il s’agit de la névrite optique (baisse de l’acuité, voile et douleur à la mobilisation des yeux) et de la diplopie (vision double). Plus rarement, des phénomènes d’Uhthoff (flou lors d’efforts physiques ou forte chaleur) et de Pulfrich (difficulté à apprécier le mouvement).

Vous souhaitez en savoir plus sur la sclérose en plaques ? Rendez-vous sur la page Mieux Comprendre, Ma SEP.

Mise en ligne le 31/12/2015

Quels sont les troubles urinaires de la SEP ?

Pr Patrick Hautecœur
(neurologue, GHICL, Lille)

Ces troubles sont fréquents, précoces et altèrent de façon importante la qualité de vie.

Il s’agit d’envies fréquentes (« miction impérieuse »), de fuites urinaires, de difficultés à vider la vessie (« dysurie »), qui peut aller jusqu’au « globe vésical » (rétention urinaire).

Il est important de les explorer (échographie, ou « bilan urodynamique » qui évalue le fonctionnement de la vessie et du sphincter) et de les traiter car ils peuvent entraîner des infections urinaires ou constituer une « épine irritative » (stimulent la moelle épinière et augmentent la spasticité et la raideur des membres inférieurs).

Mise en ligne le 23/12/2015

Les troubles sensitifs de la SEP

Dr Claude Mékies
(neurologue, Polyclinique du Parc, Toulouse)

Les troubles sensitifs, présents dans environ 1/4 des cas, sont liés à des lésions des voies de conduction nerveuses véhiculant la sensibilité. Ils peuvent concerner les extrémités d’un ou de plusieurs membres, la globalité d’un membre, plusieurs parties du corps…

Ces troubles sensitifs sont très polymorphes. Ils sont souvent décrits comme des sensations de fourmillements, de brûlures, de démangeaisons, d’engourdissement, de décharges électriques, de serrement ou étau, d’impression de ruissellement, de difficultés à reconnaître le chaud et le froid, de sensation désagréable ou douloureuse déclenchée par le contact ou parfois par un simple effleurement.

De nombreux traitements symptomatiques peuvent améliorer ce type de sensations, parfois fort désagréables.

Mise en ligne le 16/07/2015

Les troubles de l'équilibre de la SEP

Dr Claude Mékies
(neurologue, Polyclinique du Parc, Toulouse)

Les troubles de l’équilibre sont très fréquents dans la SEP. Ils sont très souvent à l’origine de chutes. Ils sont liés à une atteinte de certaines régions du système nerveux central qui sont classiquement responsables de la coordination des mouvements et de l’équilibre.

Ils se manifestent par une marche chancelante dite « ataxique », des difficultés à coordonner les mouvements des bras, des tremblements lors de l’action, rendant difficiles les tâches banales (marcher, se servir à boire, manger, faire sa toilette), des vertiges, une sensation d’instabilité, de tangage, voire d’ébriété à la marche.

Mise en ligne le 18/06/2015

La prise en charge des troubles de l'équilibre de la SEP

Dr Claude Mékies
(neurologue, Polyclinique du Parc, Toulouse)

La prise en charge des troubles de l’équilibre repose essentiellement sur des mesures non médicamenteuses, notamment la kinésithérapie, avec pour objectif de prévenir d’éventuelles chutes.

Le kinésithérapeute pourra vous proposer un certain nombre de conseils et d’exercices pour améliorer votre équilibre, ainsi que des aides techniques (canne simple ou tripode, déambulateur).

Concernant la prévention des chutes, au-delà d’éventuels conseils, le rôle de l’ergothérapeute est primordial. Il pourra se rendre à votre domicile pour repérer les dangers potentiels et suggérer des aménagements dont l’objectif sera de sécuriser au mieux votre domicile et vous permettre d’accomplir les tâches de la vie quotidienne en toute sécurité.

Mise en ligne le 25/06/2015

Ergothérapie, SEP et fatigue

Hélène Malapel, Ergothérapeute
Hôpital St-Philibert, Lomme

 La fatigue est le symptôme le plus fréquent dans la sclérose en plaques. Elle a des répercussions importantes sur votre vie familiale, professionnelle, sociale. Elle peut représenter une source d’angoisse et parfois de conflit avec l’entourage.

Il est donc important d’en parler avec votre neurologue ou votre médecin de rééducation. Sa prise en charge est pluridisciplinaire, et peut faire intervenir l’ergothérapie.

Mise en ligne le 09/04/2015

Fatigue : les aides apportées par l'ergothérapie

Hélène Malapel, Ergothérapeute
Hôpital St-Philibert, Lomme

L’ergothérapeute pourra vous donner des conseils pratiques et vous proposer des aménagements pour diminuer votre fatigue.

Par exemple : vous orienter pour la prise en charge d’une gêne visuelle, source de fatigue, vous apprendre à économiser votre énergie, à repérer les signes précoces de fatigue, vous conseiller un aménagement de votre domicile, une organisation de vos activités, ou encore l’utilisation d’aides techniques…

Mise en ligne le 17/04/2015